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SHADE – Esprit des Ombres (2)

Novembre 2001 : après une nuit de veille intense à essayer de résoudre un point d’intrigue dans le scénario du 3ème tome, j’ai la sensation que toutes ces histoires manquent d’un liant plus général que celui du «  Pagne Maudit « . Et si on inventait un nouveau genre littéraire ?

Bon, c’est un peu présomptueux de parler d’un nouveau genre littéraire (ce serait plutôt la déclinaison d’un sous genre) mais l’idée est là.

J’appelle ça : la science-fiction africaine. L’association de ces 2 termes me semblait déjà insolite mais j’ai décidé de créer un néologisme plus sympa : l’Afri-fiction.

1.3 : Afri-fiction c’est quoi alors ?

Ce n’est ni plus ni moins que le fait situer des histoires d’anticipation et de science-fiction dans le cadre géographique du continent Africain. Rien de révolutionnaire à cela me direz-vous ? Et bien pas si sur.

En effet dès que l’idée s’est concrétisée, j’ai tout suite voulu la confronter au réel et voir son potentiel. Pour cela, j’ai décidé de passer rapidement en revue toutes les oeuvres de fiction (écrits, audiovisuels) susceptibles d’aborder ce thème. Par manque de temps et de moyen, je n’ai pas pu me lancer dans une véritable recherche documentaire (pays anglophone, etc…) mais mon constat a été simple : il n’existe pas grand chose !. C’est effrayant !

On entend souvent parler de la culture africaine (séculaire, riche d’enseignements et de sagesse, etc…) mais sur le futur, nada ! Le désert… (non, il n’y a là aucun jeu de mot).

Comprenez-moi bien : je n’ai rien contre l’évocation de la culture africaine mais elle a un peu trop tendance à ne se concentrer que sur le passé. Lorsque j’ai demandé à des africains de faire appel à leur imagination, je n’ai pu avoir que des évocations de ce que serait devenu le continent s’il n’avait pas été dépouillé/colonisé (à vous de choisir). Où alors (autre grand classique) j’ai eu droit aux vieux poncifs que sont la « responsabilité des dirigeants » et « l’évolution des mentalités ». Mais sur le cadre technologique, culturel, environnemental de cette évolution, point d’idée ! Personne pour me donner une vision… inspirée.

A croire que l’Afrique, dans le futur (2040, 2050), ça n’intéresse personne.

Du coup, je me suis dit que cette capacité à « visualiser et décrire un futur » (même imaginaire) pouvait constituer un nouveau champ d’exploration.

NB : Je n’ai aucune véllélité politique mais cette réflexion m’a aussi conduit à m’interroger sur la raison de cette absence (du moins auprès des personnes interrogés)… et les conséquences en terme de vision du développement économique et culturel (comment se développer si on a pas de « visions » sur le futur) en Afrique… mais j’en reparlerai dans un autre billet !

Dès l’instant où ce « postulat créatif » a été fixé, j’ai commencé à entrevoir des perspectives narratives quasiment infinies.

1.4 Origines du mal mystérieux

Et si ce mal mystérieux qui obligent les scientifiques à maintenir les villageois dans des réserves surveillés avait pour origine une dérive à laquelle toutes les sociétés modernes font face : la surconsommation !

Petit rappel post-historique : Au milieu du 21ème siècle, pour faire face à la concurrence commerciale de nouveaux groupes industriels issus des NPE (Nouveau Pays Emergeants), les ingénieurs de l’agro-alimentaire ont inventé une nouvelle molécule capable de « fidéliser » leurs clients à vie. Ingérée de manière régulière, cette molécule provoque à terme une modification du code génétique et inscrit « ad vitam » le besoin de consommer les produits qui la contiennent comme un besoin essentiel. Dans le plus grand secret, les premiers tests ont été lancé sur les populations de différents pays africains. Pour garantir une prise quotidienne de la molécule, elle a été associée à des produits d’assaisonnements tel que les cubes de bouillon et autres condiments. (Quelle cuisinière africaine digne de ce nom n’assaisonne pas sa viande ?).

Le plan prévoyait une évolution génétique à la 2ème ou 3ème génération. Il n’en a fallu qu’une pour que tout dégénère.

1.5 Effets secondaires -très- piquant

Cette manipulation génétique à grande échelle aurait pu se dérouler sans réel problème si un élément en apparence très insignifiant ne s’était mêlé à l’histoire. J’ai nommé le moustique ! La prolifération de la molécule aurait pu être contrôlée si elle s’était cantonnée aux voix alimentaires. Or la présence accrue de cet insecte sur le continent a accéléré le processus et transformé le principe d’addiction génétique en un vrai cauchemar.
Plus les moustiques se nourrissaient du « sang modifié » des humains plus leur besoin en sang humain devenait fort. La catastrophe sanitaire n’a pas tardé et au bout de quelques années, des régions entières du continent ont été déclarées « zones à risque ».

Voici en substance, les éléments de genèse du Tome 1 : Résurrection

à lire : SHADE – Esprit des Ombres (3)   » Tome 2 : Sam « 

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